Crise à l’Union des journalistes ivoiriens en France : des membres fondateurs prennent les rênes pour sortir de l’immobilisme

Crise à l’Union des journalistes ivoiriens en France : des membres fondateurs prennent les rênes pour sortir de l’immobilisme

Faustin Dali, membre fondateur de l'UJIF, président du comité ad hoc 


En sommeil depuis mai 2021, l'Union des journalistes ivoiriens en France (UJIF) tente de renaître. Face à un blocage statutaire, un « comité ad hoc » de membres historiques assure une transition et promet une assemblée générale élective d'ici fin juin 2026.

C’est un pavé dans la mare d’une association au point mort. Dans un communiqué de presse diffusé le 12 mars 2026, un groupe de membres fondateurs de l’Union des journalistes ivoiriens en France (UJIF) a annoncé la création d’un « comité ad hoc pour la transition ». Objectif : mettre fin à cinq années de gestion jugée « illégitime » et organiser enfin le renouvellement des instances de cette structure qui rassemble les professionnels des médias ivoiriens établis dans l’Hexagone.

Depuis le 21 mai 2021, date de l’expiration du mandat du président sortant, Jean-Paul Oro (élu pour un premier mandat en avril 2014 et réélu en mai 2019), aucune élection n’a été organisée. Un silence administratif et statutaire qui a poussé ces anciens à sortir de leur réserve. « Nous ne pouvions plus rester les bras croisés face à cette situation qui met en péril l’existence même de notre union », explique Faustin Dali, président de ce comité ad hoc, joint par téléphone.

L’argument juridique au cœur de la démarche

Pour justifier cette intervention, le comité s’appuie sur une base légale solide. « Un président et son bureau, dont le mandat est expiré depuis plus de quatre ans, ne sont plus légitimes pour représenter l’association vis-à-vis de ses membres », assène Faustin Dali, rappelant les principes de la loi de 1901. Selon lui, l’absence de convocation d’une assemblée générale depuis mai 2021 a privé les adhérents de leur droit de vote et expose l’UJIF à des risques contentieux.

Pourquoi cette initiative émane-t-elle spécifiquement de membres fondateurs, signataires des statuts de 2007 ? « Ils sont les garants de l’esprit et de la lettre de notre association », répond M. Dali. Avant d’en arriver à cette solution, des tentatives de dialogue auraient été entreprises avec Jean-Paul Oro, y compris une proposition de cogestion de la transition. En vain. « Nous l’avons invité à discuter. Il s’est dérobé », regrette-t-il.

« Un coup de force ? Non, une solution de sagesse »

À ceux qui dénonceraient une manœuvre pour prendre le pouvoir par la force, Faustin Dali oppose la mémoire de l’association et une volonté d’apaisement. Il réfute fermement l’accusation de « coup de force », rappelant que l’UJIF a déjà fonctionné de la sorte par le passé, en 2007, 2014 et 2019. « Jean-Paul Oro, lui-même, a bénéficié de ces mécanismes pour être élu. Il est donc paradoxal qu’il s’y oppose aujourd’hui »,souligne-t-il, préférant présenter cette action comme « une solution de sagesse » destinée à éviter une saisine coûteuse et conflictuelle du tribunal judiciaire.

La feuille de route du comité est claire et se veut transparente. Elle s’articule autour de trois axes : assurer la « gestion courante » de l’union, mener un « audit global » (financier, administratif et des archives) pour faire la lumière sur les années de « gestion unipersonnelle », et enfin, convoquer une assemblée générale élective. L’échéance est fixée à « avant la fin du premier semestre 2026 ».

« Ne laissez pas notre belle union s’éteindre dans l’indifférence »

Pour éviter toute suspicion de confiscation du pouvoir, Faustin Dali insiste sur le caractère temporaire de son instance et son impartialité. Il prend un engagement fort : « Dès que l’assemblée générale élective aura eu lieu, nous dissoudrons notre comité. Je ne me présenterai à aucune élection. Nous sommes des facilitateurs, pas des candidats. »

Alors que l'UJIF traverse l'une des périodes les plus troublées de son histoire, le tocsin de la mobilisation a sonné. « Ne laissons pas notre belle union s'éteindre dans l'indifférence », exhorte Faustin Dali à l'adresse de ses consœurs et confrères. « Nous avons tous besoin de ce lien, de cette fraternité professionnelle… Ensemble, faisons de l'UJIF ce qu'elle aurait toujours dû être : une maison commune, vivante, démocratique et utile. »

Reste à savoir si cet appel suffira à ressouder une famille professionnelle divisée et à ramener autour de la table ceux qui, depuis cinq ans, refusent de passer la main. 

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