Médias et finance diasporique : à l'UNESCO, IYU Europe s'engage aux côtés du Prix Mondiapress
Georges Ferré, fondateur et dirigeant d'IYU Europe
Le Prix Mondiapress Médias a tenu son édition 2026 le jeudi 22 octobre au siège de l'UNESCO, à Paris, en présence de nombreux diplomates africains. Derrière la reconnaissance du travail journalistique, la cérémonie a mis en lumière un partenariat économique singulier, celui de la fintech française IYU Europe, partenaire principal de l'événement, qui entend relier les flux financiers des diasporas africaines à des projets concrets sur le Continent.
La scène est diplomatique, le sous-texte est économique. En réunissant ambassadeurs, journalistes et acteurs privés au siège de l'UNESCO à Paris, le Prix Mondiapress Médias a illustré une réalité souvent discrète. Les diasporas africaines constituent aujourd'hui un moteur financier majeur entre l'Europe et l'Afrique. C'est précisément sur ce terrain que s'est positionnée IYU Europe, jeune fintech française spécialisée dans les transferts d'argent internationaux et la « bibancarisation » — la connexion entre un compte bancaire en Europe et un compte dans le pays d'origine.
En soutenant l'édition 2026 en qualité de partenaire principal, l'entreprise a souhaité associer son engagement auprès des diasporas africaines à une initiative qui met à l'honneur le travail journalistique, la transmission et la reconnaissance des talents. Un rapprochement entre médias et acteurs économiques autour de valeurs communes comme la confiance, la responsabilité et l’ouverture internationale.
Une lecture économique des flux diasporiques
Lors de la cérémonie, Georges Ferré, fondateur et dirigeant d'IYU, est intervenu sur le thème : « Entre l'Europe et l'Afrique : faciliter les liens financiers pour contribuer au bien-être des diasporas. » L'occasion de mettre en perspective les préoccupations quotidiennes des communautés diasporiques qui se résument le plus souvent au soutien aux proches, à l’épargne, aux projets d'investissement et à la circulation des ressources entre les territoires.
Mais le positionnement d'IYU se veut plus exigeant que celui d'un simple opérateur de transfert ponctuel. La cible de l'entreprise n'est pas l'envoi de proximité occasionnel, mais les paiements récurrents et documentés — salaires, remboursements de prêts, règlements réguliers — avec une traçabilité complète. Un choix stratégique aux implications économiques importantes.
« Notre rôle n'est pas de déplacer de l'argent, mais de transformer des flux récurrents et documentés en historiques de crédit exploitables. C'est là que se joue véritablement l'inclusion financière des diasporas », résume Georges Ferré. Car c'est précisément ce type de flux qui peut nourrir, au pays, un historique lisible par une banque et ouvrir, à terme, la porte du crédit, notamment immobilier. Le service s'adresse aux particuliers, mais aussi aux entreprises et aux associations, souvent mal servies par les opérateurs grand public.
En associant son nom à ce prix, IYU Europe ne se contente pas d'un mécénat d'image. L'entreprise envoie un signal économique fort. Les diasporas ne sont pas seulement des destinataires de transferts, elles sont des acteurs financiers à part entière, dont les flux peuvent structurer l'accès au crédit et soutenir l'investissement dans les pays d'origine. La présence de nombreux ambassadeurs en poste à Paris lors de la cérémonie témoigne de l'intérêt croissant des États africains pour ces circuits financiers transnationaux.
« Les diasporas sont des acteurs financiers à part entière. Il appartient désormais aux banques, aux régulateurs et aux acteurs privés de bâtir ensemble les ponts bancaires qui rendront ces flux reconnaissables et utiles au développement du Continent », plaide Georges Ferré. Reste une question de fond, la traçabilité et la documentation des flux suffiront-elles à transformer l'essai en véritable inclusion financière ?
La réponse dépendra de la capacité des banques africaines à reconnaître ces historiques et des régulations à encadrer ces nouveaux ponts bancaires. Mais le pari d'IYU — faire de la récurrence et de la preuve les fondements d'une relation de crédit — a au moins le mérite de poser le débat sur le terrain économique, là où se joue une partie du bien-être des diasporas.
Cap Madagascar : la mobilité comme condition du métier
Outre IYU, un autre partenaire fidèle du prix s'est illustré. L'agence Cap Madagascar, représentée par sa directrice Zo Rabarijoana, a offert un billet d'avion à Judith Sifa Zihalirwa, journaliste originaire de la République démocratique du Congo et lauréate 2026 dans la catégorie Télévision. Au-delà de la récompense, ce geste souligne l'importance de la mobilité et des échanges dans le parcours des journalistes, dont le métier repose aussi sur la rencontre, la découverte et la circulation des expériences. Une contribution qui illustre la manière dont des acteurs du secteur du voyage peuvent accompagner des initiatives culturelles et médiatiques porteuses de sens.
Cinq journalistes distingués
Créé en 2014 par Pamela Annick N'Guessan, le Prix Mondiapress Médias est une initiative de l'association Afrique Perspectives Santé et Bien-Être. Il récompense les professionnels des médias africains dans cinq catégories, avec l'ambition de promouvoir un journalisme exigeant, attentif aux réalités africaines, à la diversité culturelle et aux enjeux humains et sociaux. À travers leurs reportages, enquêtes et productions, ces journalistes contribuent à rendre visibles des réalités qui méritent une attention particulière.
Le jury, présidé par Fatimata Wane-Sagna, journaliste à France 24 et ancienne lauréate du Prix Mondiapress (2018), a récompensé cinq professionnels. Ainsi Judith Sifa Zihalirwa (République démocratique du Congo) a remporté la catégorie Télévision, Andrène Victoire Ombi (République du Congo) pour la Radio, Milca Bissidi (République centrafricaine) pour la Presse écrite, Joël Loni Irenge (République démocratique du Congo) pour le Cyberjournalisme et enfin Janvier Barhahiga (République démocratique du Congo) pour le Photojournalisme.
Fort du succès de cette édition 2026, le Prix Mondiapress Médias donne d'ores et déjà rendez-vous en 2027, avec l'ambition de poursuivre sa mission de mettre en lumière les journalistes africains qui documentent les réalités du Continent et faire dialoguer médias, diasporas et acteurs économiques autour d'une même exigence de confiance et de responsabilité. Une nouvelle édition qui s'annonce comme un temps fort pour celles et ceux qui croient que la reconnaissance des talents et la circulation des ressources — financières comme narratives — sont deux leviers complémentaires du développement africain.

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