Rebecca Ayoko, l'ancienne égérie d'Yves Saint Laurent, raconte sa traversée du désert dans un livre testament
De muse d’Yves Saint Laurent à l’ombre du désert, Rebecca Ayoko a tout connu la gloire éblouissante, la chute, puis la renaissance.
Première muse noire d’Yves Saint Laurent, Rebecca Ayoko a connu la gloire des podiums avant une chute brutale. Elle raconte ce parcours dans son livre « Quand les étoiles deviennent noires », un récit intime et poignant de sa traversée du désert et de son salut par une quête spirituelle.
L'âge d'or : Une muse et un maître
La fierté, douce et mélancolique, illumine son regard dès que l'on prononce son nom : Yves Saint Laurent. Pendant dix ans, Rebecca Ayoko n'a pas simplement été un mannequin, elle a été l'incarnation vivante de sa vision, un souffle d'Afrique et de grâce dans l'univers très clos de la haute couture parisienne des années 80. "C'était un homme d'une grande culture, d'une douceur rare. Un talent unique avec un grand cœur. Il portait de l'amour sur son visage", se souvient-elle, la voix empreinte d'une émotion intacte.
Son destin bascule en 1983, au 5 avenue Marceau, le temple saint-laurentien. "Un jour de grâce", confie-t-elle. Ce jour-là, parmi toutes les beautés de Paris, c’est elle que le couturier choisit. Commence alors une vie de rêve : les défilés mythiques, les voyages incessants, une célébrité internationale. "Je me réveillais parfois dans des hôtels sans savoir dans quel pays j’étais. Les voyages m’ont formée", lance-t-elle avec le recul de celle qui a vu le monde.
L'envers du décor : La chute
Mais sous les paillettes et les flashes, une autre réalité se profile. Le monde impitoyable de la mode donne, puis reprend. Brutalement. "Ce métier m'a tout donné, et après, m'a tout repris", lâche-t-elle, sans amertume mais avec une lucidité qui frappe. La notoriété, les contrats juteux, l'argent... tout s'envole. "Je n'ai pas eu cette éducation de préserver ce que j'avais gagné." Commence alors "la traversée du désert", une descente aux enfers où se mêlent solitude et précarité.
Cette chute réveille aussi les fantômes d'une enfance meurtrie, qu'elle révèle pour la première fois dans son livre : une enfance entre le Ghana, le Togo et la Côte d'Ivoire, marquée par la perte précoce de ses parents, des violences et des pratiques occultes. "Ça me poursuivait", confie-t-elle.
La renaissance : Le rocher nommé Dieu
Dans les ténèbres, elle trouve un appui inébranlable. "J'ai retrouvé quelque chose qui vaut plus que l'or : ma force. C'est un rocher, une montagne accessible : c'est Dieu." Sa conversion n'est pas un simple refuge, mais le socle d'une vie nouvelle. "Ma foi est beaucoup plus riche que tout ce que j'avais gagné. Car je sais que Dieu m'en donnera un peu plus. Son amour est pur."
Sa spiritualité est désormais le souffle de son quotidien. "Ma journée commence et se termine en prière. Je ne sors pas, je ne dors pas sans avoir prié. Je suis comme un bateau, et le vent, c'est Dieu. C'est Lui qui me guide." Une sérénité rayonnante a remplacé l'agitation des podiums.
« Quand les étoiles deviennent noires » : Le livre-témoignage
C'est ce parcours incroyable, des projecteurs de la mode à la lumière divine, qu'elle a consigné dans « Quand les étoiles deviennent noires » (Éditions Première Partie). Le livre, réédité en 2024, est un succès en librairies (FNAC, Amazon) et touche profondément ses lecteurs. "Je reçois beaucoup de retours de personnes qui ont vécu des choses similaires", partage-t-elle.
L’ouvrage, qui doit sortir en Côte d’Ivoire en 2026, est plus qu’une autobiographie, c’est un message d’espoir. Il raconte comment, après avoir été l'étoile noire d'Yves Saint Laurent, elle a appris à briller de sa propre lumière, intérieure et éternelle. Rebecca Ayoko ne regrette rien : sa légende, elle l'écrit désormais à l'encre de la résilience et de la foi.
« Quand les étoiles deviennent noires » de Rebecca Ayoko est disponible en librairie (20€).
Herika Ouraga
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